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Mongo Beti (1932-2001)
  Auteur à succès ("ville cruelle", "le pauvre Christ de Bomba", "main basse sur le Cameroun"...), Mongo Beti décédé le 7 octobre 2001 fut un écrivain engagé et un polémiste de talent
Par Paul Yange
 
 
Mongo Béti
 

L’écrivain camerounais Alexandre Biyidi Awala, plus connu sous le pseudonyme de Mongo Beti, décédé à l’âge de 69 ans peut être considéré comme l’un des écrivains africains les plus en vue de la génération de l’indépendance. Ses satires mordantes de la période coloniale se classent toujours parmi les meilleurs romans africains et figurent encore au programme dans certaines universités, aux Etats-Unis notamment. Il est également devenu une icône, en tant que brillant polémiste, et n’a jamais abandonné son radicalisme et sa lutte contre le néo colonialisme.

En 1954, il écrit son premier roman, "Ville cruelle", qui traite de l’exploitation de la paysannerie, sous le pseudonyme d’Eza Boto. En 1956, sous le pseudonyme de Mongo Beti (qui signifie fils du pays des Bétis en langue Ewondo), il publie "le pauvre Christ De Bomba", que beaucoup considèrent comme son chef d’œuvre. Traduit plus tard en anglais sous le titre "The Poor Christ Of Bomba", ce roman critique de façon féroce et satirique les folies et les brutalités des officiers coloniaux, et de l’Eglise catholique. Ce roman, très bien accueilli par la critique fait de Mongo Beti l’un des auteurs stars de "Présence Africaine", la maison d’édition basée à Paris, fondée par Alioune Diop.


Je sais que je suis dur, mais quand on lutte contre des salopards -on ne peut pas qualifier autrement le néocolonialisme- on ne peut pas être laxiste
Mongo Beti






 
 

Ses autres livres, "Mission Terminée" (1957) qui remporte le prix Sainte-Beuve et "Le Roi Miraculé" (1958) sont du même niveau. Les trois livres sont traduits en anglais, russe et bien d’autres langues, ce qui donne à Mongo Beti une réputation internationale durable.
Marié à une collègue française, Odile Tobner, Mongo Beti fera l’essentiel de sa carrière à Rouen, au lycée Corneille. Le Cameroun, devenu théoriquement indépendant en 1960, est, avant et après cette date, le théâtre d’une guerre de répression contre le mouvement indépendantiste l’Union des Populations du Cameroun (UPC). Parmi ses dirigeants, son secrétaire général Ruben Um Nyobé, qui avait dû prendre le maquis, sera assassiné en 1958 par les troupes françaises, son président Félix-Roland Moumié, en exil, assassiné à Genève par un ancien légionnaire agent du S.D.E.C.E, Ernest Ouandié, Vice-Président, revenu d’exil pour rejoindre le maquis, arrêté et exécuté après un simulacre de procès, Osende Afana, un autre dirigeant massacré dans un autre guet-apens au Ghana.

Pendant une quinzaine d’années, Mongo Beti ne publie rien. En 1972, il publie chez Maspero un pamphlet, "Main basse sur le Cameroun", où il dénonce les crimes du néo-colonialisme dans son pays, et particulièrement les activités du président (et accessoirement sinistre dictateur) Amadou Ahidjo. Le gouvernement français de l’époque interdit et fait saisir ce livre. Procédure en principe illégale depuis que les lois de la IIIè république ont instauré la liberté de penser et d’expression. Un texte de 1936 permet toutefois de saisir et d’interdire les livres de "provenance étrangère". Ce texte, à l’époque du front populaire, visait la propagande nazie. Une jurisprudence complaisante permettra au gouvernement d’invoquer ce texte, quand l’éditeur ou l’auteur est étranger.

 
''Le pauvre Christ de Bomba'' a même été traduit en anglais
 

Difficulté pour le livre de Mongo Beti : l’éditeur, François Maspero, est Français ;l’auteur, fonctionnaire français l’est également. Qu’à cela ne tienne, pour rendre sa décision légale, le ministre de l’intérieur trouvera la solution : il n’y a qu’à enlever à Mongo Beti sa nationalité française ! Des inspecteurs de la DST lui sont envoyés à domicile pour le mettre en demeure de restituer son passeport ! les auteurs de cette opération essayent de faire peur à Mongo Beti et le conduire à se réfugier au Canada ou en Suisse où des postes lui étaient offerts.

Mongo Beti refuse de céder. L’AFASPA et sa revue "Aujourd’hui l’Afrique" engagent l’action pour sa défense :intervention auprès du Président de la République et du Ministre de l'intérieur, campagne de pétitions. Si Giscard d’Estaing ne répond pas, le chef de cabinet du ministre Poniatowski répond que l’intéressé "n’a pas fait la preuve de sa possession, pendant les dix années antérieures de l’état de Français" ! Après de nombreuses remises de date, lorsque le tribunal administratif de Rouen, saisi de cette affaire, siégea enfin, le commissaire du gouvernement, chargé de requérir contre Mongo Beti, abonda dans le sens de son avocat, reconnaissant que la qualité de français ne pouvait lui être contestée. Le journal "Le Monde", qui était resté silencieux pendant toute l’affaire, lui consacra alors un article. L'interdiction frappant "Main Basse sur le Cameroun" est finalement levée en mai 1976, le livre ayant donc été interdit pendant près de 5 ans dans le pays des droits de l'homme!

Pendant cette période, Mongo Beti, avec Remember Ruben (1974), qui rendait hommage au leader assassiné de l’U.P.C, renoue avec sa production romanesque et continue son combat politique. Avec son épouse, il publie dix années durant, la revue Peuples noirs, peuples africains, poursuivant son action contre le néo-colonialisme. Après sa retraite, il était revenu au Cameroun, après plus de 30 années consécutives d’exil forcé, où il avait ouvert une librairie, la librairie des Peuples noirs, affirmant avoir trouvé un "Cameroun ubuesque où le vice est devenu la norme, le tortueux la règle, l’arbitraire la vertu".

 
 

Homme de caractère, intransigeant, parfois dogmatique, Mongo Beti eut quelques conflits avec certains de ses collègues africains, ne trouvant grâce ni à ses yeux, ni à sa plume. Ses critiques n’épargneront pas quelques uns d’entre eux, comme son compatriote Ferdinand Oyono, auteur du "Vieux nègre et de la médaille": un "opportuniste sans idéologie qui ne pensait qu’à sa carrière, un vantard boulou qui fait dans de la tartarinade" dit-il. Camara Laye, lui, "écrit pour les blancs", le burkinabé Joseph Ki Zerbo, aux yeux de Mongo Beti, est un bon historien qui "pactise avec le néocolonialisme", le congolais Sony Labou Tansi est un "élève des coopérants français". L’Ivoirien Ahmadou Kourouma eut droit au plus méchant des qualificatifs : "C’est un illettré". L’écrivain camerounais refuse ce qu’il appelle "la senghorisation des élites africaines" et de jouer au "nègre de service". Comme tous les écrivains, selon lui, chouchoutés par une technostructure de la coopération qui délivre prix, honneurs et privilèges. "je suis un disciple de Voltaire, disait-il dans une interview accordée à Célestin Monga au début des années 90, je sais que je suis dur, mais quand on lutte contre des salopards, car je ne peux pas qualifier autrement le néocolonialisme, on ne peut pas être laxiste".

A sa mort, sa famille, selon les vœux de l’écrivain, a refusé tous les honneurs posthumes émanant de l’establishment camerounais. Même mort disait-il, je ne voudrai pas être petit. Ainsi parlait Mongo Beti, le fils du pays des Bétis.

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Mongo Beti (1932-2001)

Nombre de messages
:  36
Pages:  1  2 

  Près de deux ans après sa mort, je pleure encore Mongo Beti. Ce soir, 5 août 2003, la télévision tessinoise a rediffusé un documentaire sur le Cameroun et qui comprenait une interview de Mongo Beti, à Douala, dans sa librairie "des Peuples Noirs". Comme t
diana mordasini ( 05/08/2003 05:34 )

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  Tu es trop restrictif!
( 25/03/2004 21:18 )

Mongo Beti ne destine pas seulement son oeuvre aux jeunes africains mais aux jeunes en général. Son oeuvre dans son intégralité est destinée à faire réagir tant les occidentaux que les africains mais il ne faut pas se contenter de lire un seul de ses ouvrages, tout comme il ne faudrait pas non plus se contenter de lire seulement cet auteur. Ousmane ou Kourouma (entre autres) sont selon moi de très bon penchants à l'oeuvre de Mongo Beti.
Bonne lecture!
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  lL'esthétique chez Mongo Béti
Nawal Alem ( 22/07/2004 01:12 )

Mongo Béti est un auteur engagé qui a toujours su assumer sa ou ses positions visà vis de la colonisation ou lors des indépendances .Or, il se trouve que j'ai lu dernièrement un critique ,négro-africain, qui lui reprochait ,justement, de n'être qu'un auteur "engagé" , que son écriture ne pouvait pas prétendre à une écriture esthétique...
Il me semblerait qu'à mon humble avis, un Mongo Béti ou un Ahmadou Kourouma ne pouvaient pas se payer le lux d'une littérature "esthètiquement esthétique"parce qu'ils sont des intellectuels qui s'assument entièrement et que toute l'esthétique de leurs oeuvres réside dans leur Action,c'est à dire leur engagement .
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  Mongo Beti, un des meilleurs, mais incompris
willy Kangulumba ( 26/08/2004 19:24 )

Après avoir entendu parler de Mongo Beti au cours de ma formation littéraire, après avoir lu l'essentiel de la production de cet écrivain de talent, je dis que ni le monde,ni l'Afrique en particulier n'ont compris le bien que cet enfant
matraqué voulait non seulemnt au peuple africain meurtri à outrance, mais aussi à une humanité souvent diffamée.
Mais voilà: l'incompréhension est le lot des génies et des prophètes. Les honneurs posthumes qu'on s'évertue maintenant à lui rendre ici et là témoignent de notre propre défaite devant la force et la valeur de l'art de cet écrivain du peuple.
Un proverbe dit; " c'est au moment de s'asseoir que l'on reconnaît la valeur des fesses!"
Immortel Mongo Beti!
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Ignace Kapitene ( 18/10/2004 14:12 )

Mongo Beti, un grand homme

C'est avec etonnement que je decouvre que mon auteur preferé était déjà mort!!!

Mais, bon, même mort, Mongo Beti reste grand parmi les grands.

Avec respect, je m'incline devant lui pour lui dire grand merci pour le combat mené de ton vivant! L'Afrique peut, et doit être fiere de toi
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  Un très grand
BMW ( 18/10/2004 14:48 )

Un très grand écrivain. Une belle plume, une très grande objectivité, les jeunes africains devraient inmanquablement lire au moins de ses livres.
Comme d'habitude, c'est dans 100 ans qu'on reconnaîtra son génie.
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  Le Baobab de la littérature africaine n'est plus!!
ignace .KAPITENE ( 21/10/2004 15:45 )

Je me demande toujours pourquoi n' y a-t-il pas bcp de réactions sur cette page!!! et pourtant, de son vivant, "cet HOMME" étant grand pour le combat qu'il a mené pour son peuple, et pour tous les jeunes qui se veulent libre!!!

Je demande donc à la jeunesse d'hier de réagir, très positivement à l'egard de ce "Baobab" de la litterature africaine et universelle
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  Mongo Beti, un grand homme
Montana Grassland ( 07/01/2005 16:42 )

le sort réservé à Bongo Beti jusqu'à sa mort montre combien le pouvoir colonial, puis néo-colonial peut mettre en oeuvre les moyens les plus criminels pour empêecher l'accès des peuples à l'indépendance véritable. Que serait devenu le Cameroun s'il avait effectivement accédé à l'indépendance avec des hommes non redevables à la France? L'oeuvre de Mongo beti constituera les idées de reconstruction du Cameroun qui devra absolument commencer avec la fin de bientôt 50 ans de pouvoir français exercé via ses laquais locaux.
MG
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  Petite précisison!
Please ( 02/01/2006 15:46 )

Je tremble d'émotions à la seule évocation de ce GRAND homme. Mongo Béti les surpasse tous! Il n'aurait pas fait dans l'esthétique?! Bigre! Comme il aimait à l'écrire! Avez-vous vu les figures de style, les illustrations, les rapprochements, la symétrie, le rythme, la précision, la drôlerie du propos...

Mongo Béti nous dit qu'il est un disciple de Voltaire... moi, je lui vois un autre devancier, quelqu'un qui pour moi n'a pas son pareil dans l'esthétique sensé... Charles Baudelaire. Avez-vous lu le "Spleen de Paris"? Un bijou. Sauf que là il s'agit de l'esthétique pour l'esthétique, bien que sensé. Baudelaire n'avait pas de "Cause"... normal! Bourgeois parisien l'esprit tout jeune a été moulé au lycée Louis Legrand, il n'a pas le vécu à l'origine de la hargne viscérale et de la turbulence sanguine qui lient immuablement un homme à un idéal, fût-il périlleux. Baudelaire donnait du sens à l'esthétique qu'il maîtrisait, et Mongo Béti lui drapait d'esthétique (sans doute pour le mieux piquer la curiosité d'un monde indifférent) le fond hideux de la colonisation et du néo-colonialisme qu'il a vécu dans sa chair. Baudelaire & Mongo Béti: pas la même cause mais assurément la même esthétique.


Oh! Mongo Béti, durant ta vie tes ennemis nombreux et puissants, ont eu raison de la gloire qui vous revient, à toi et à ton oeuvre. Mais l'Histoire déjà commence à vous rendre raison (tu l'avais d'ailleurs prédit parce que non seulement tu connaissais ton combat juste, mais tu connaissais également très bien la nature et les stratagèmes de tes ennemis).


A+
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  homme à un baobab
mouyabi ( 03/01/2006 10:04 )

La flamme qui a été allumé ne s'éteindra qu'avec la mort du dernier nègre mais nous continuerons ce combat non violent pour le respect et la dignité humaine.

Frère patriote repose en paix, nous ferons de notre mieux avec les armes de notre époque.

Mouyabi
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  Mongo Beti, immense Homme de lettres et d'esprit
Grangé V. ( 03/01/2006 10:48 )

Illustre fils lumineux de l'Afrique, Mongo Beti est un immense Homme de lettres et d'esprit. Un exemple de rigueur dans l'action et l'engagement.

Son oeuvre a profondement changé ma vie en l'améliorant qualitativement.

L'auteur de cet article semble cependant avoir principalement puisé dans le post-senghorisme françafricain. Il n'empêche que ceux qui savent lire entre les lignes éclairerons la lanterne des autres...

MONGO BETI, THE GREAT SON OF AFRICA
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  ne jamais laisser rentrer des étrangers chez soi
irène ( 03/01/2006 12:16 )

ou le blanc passe la couleur trépasse , ,, je suis blanche et pas du tout fière de l'être ,, je ne supporte pas l'injustice d'ou quelle vienne ,, pourquoi les peuples se laissent ils envahir sans s'opposer , a l'envahisseur , car laisser les mettre un pied chez vous ils en auront bien vite mis quatre ,, défendez vous dès le premier pas mis sur votre sol , et n'écoutez pas les éloges dont on vous abreuve ,, ce n'est que pour mieux vous mettre sous leur férule ,
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  Une Icône - Un mythe
( 03/01/2006 13:14 )

Mongo Béti est un auteur engagé qui a toujours su assumer sa ou ses positions visà vis de la colonisation ou lors des indépendances .Or, il se trouve que j'ai lu dernièrement un critique ,négro-africain, qui lui reprochait ,justement, de n'être qu'un auteur "engagé" , que son écriture ne pouvait pas prétendre à une écriture esthétique...
Il me semblerait qu'à mon humble
EZA BOTO - Pardon - Mongo Beti était et demeure une icône. Il m'a fait aimer la lecture. Les rêve plein la tête, je voulais ressembler à cet homme que je n'ai pas connu. Il assumait tout acte qu'il posait, un intellectuel hors paire et un exemple à suivre pour des millons de noirs sans âme, ni surface, mais qui se disent pourtant intellectuels. EZA BOTO, tu nous manque, dans ton pays ils sont devenus fou.
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  Suite de l'affaire!
( 03/01/2006 22:48 )

Heureux témoignage sur ce modèle pour les générations futures. Pour ceux qui aimeraient en savoir plus, prière de lire Mongo Béti parle et Remember Mongo Béti d'Ambroise KOm ou encore l'oeuvre posthume de Mongo Béti publiée en 2005
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  Mongo Beti dénonciateur des méfaits du colonialisme
Antoine Nan Gommiers ( 03/01/2006 23:20 )

Je n`ai pas encore lu Mongo Beti , mais rien qu`aux titre de ces ouvrages "main basse sur le cameroun " on devine les thèses de l`auteur .

C`est évidemment un dénonciateur , à la fois des méfaits et des "riches heures" du colonialisme et du néo-colonialisme qui n`ont pas fini de ronger l`Afrique comme un cancre .

Si Mongo Beti se disait disciple de Voltaire , c`est qu`il faisait allusion à som emploi de l`ironie , des mots d`esprit et de la concision qui caractérisent un bon écrivain francophone .
Mongo Beti est donc un des grands de la littérature Africaine et fait honneur au génie littéraire des fils de Cham .

Dommage qu`il n`ait pas été charitable vis-à-vis d`autres écrivains noirs , dont il faisait les cibles de ses piques .
Mais nul n`est parfait !
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  Mongo Béti : L'oeil de notre conscience
Jules Koum Koum ( 04/01/2006 12:38 )

J'ai lu ses oeuvres à l'école, comme beaucoup de jeunes Camerounais des années 60, sans véritable prise de conscience. Ce n'est que plus tard, lorsque devenu journaliste, j'ai réalisé la "Tanganisation" de la société camerounaise. D'un côté il y avait les plus riches, dans leurs quartiers chics, et les plus plus pauvres dans les bidonvilles de Douala et Yaoundé.
Mongo Béti avait vu juste ! La "Ville était bien cruelle " et la vie était devenue invivable pour les moins nantis
Lorsque j'ai eu le privilège de le rencontrer, deux ans avant sa mort, je m'étais retrouvé face à un adolescent dont le verbe avait gardé son incandescence malgré l'âge. L'homme semblait toujours prêt pour une nouvelle bataille polico-intellectuelle, et se désolait du lymphatisme qui habitait les jeunesse camerounaise.
C'est sur ces entrefaites qu'il nous parla ce jour là abondamment de son dernier ouvrage. Il nous raconta surtout son malaise dans la société camerounaise où les intellectuels s'empêtrent dans la corruption au lieu de servir leurs concityons.
De cet homme que l'on considère aujourd'hui comme une icône, je pense qu'un terme plus fort lui conviendrait. Pour moi, Mongo Béti n'était rien d'autre que l'oeil de la conscience du Cameroun.
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A.KODJO ( 04/01/2006 13:22 )

Dommage que cet homme plein de talent n'a pas vécu un peu longtemps. Tout ce qu'il a dit sur le colonialisme n'est que vérité. Mais il a été trop dur avec ses collègues écrivains africains
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Fondamental ( 04/01/2006 19:39 )

[...] L’écrivain camerounais refuse ce qu’il appelle "la senghorisation des élites africaines" [...]

C'est donc pourquoi lui aussi a épousé une femme blanche? La fierté identitaire s'arrête à la porte de la chambre à coucher ou alors?
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  Hommage à Mongo Beti
( 04/01/2006 20:18 )

Je suis heureuse de cet hommage rendu à Mongo Beti. J'ai découvert son oeuvre grâce à un collègue, il y a 20 ans : c'était "remember Ruben".
Je suis admirative et même fascinée par cet homme qui s'est engagé toute sa vie pour éveiller les consciences et dénoncer le colonialisme, le néocolonialisme, et la corruption y compris au Cameroun. Il a du éditer lui même ses livres, et certains d'entre eux ont été censurés. Lors du salon africain à l'Unesco au printemps 2005, je me suis procuré "La France contre le Cameroun".
J'ai été effarée du constat fait et qui peut s'appliquer à d'autres pays africains. Mongo Beti donne dans cet ouvrage des clés qui montre que le Cameroun a largement les richesses humaines et autres pour se débrouiller seul.
Chapeau bas à Monsieur Mongo Beti. Oui, sa disparition, ne doit pas nous le faire oublier.
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  Un grand homme
Bana loba ( 05/01/2006 10:24 )

J'ai découvert Mongo Beti grâce à un certain JPJ qui enseignait au Collège Vogt à Yaoundé, un des meilleurs profs de français que j'aie jamais connu.
C'est honteux que le Cameroun n'aie pas mieux utilisé le talent de ce grand homme.

J'ai eu le plaisir de lire pratiquement tous ses écrits, y compris le fameux "Main Basse sur le Cameroun", en terminant par "Trop de soleil tue l'amour", véritable peinture de la société camerounaise en pleine delisquescence.

Bref, trop parler, c'est maladie.
Nous devons ériger une statue à la mémoire de Mongo Béti, le fils du Cameroun.
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